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KEVIN HEARTBEATS

 

CP - Jean-Philippe Aline
CP - Eudes Lemare

FOLK ELECTRO / PARIS

 Sur grand écran, Kevin Heartbeats tiendrait le rôle du savant fou. Le genre de personnage animé par une force irrépressible qui le transcende et le pousse à expérimenter, à explorer sans relâche – le côté effrayant en moins. C’est toutefois loin des salles de cinéma, dans la pénombre confortable des studios, que le jeune artiste a construit son univers poétique et teinté d’une douce mélancolie.

Fasciné dès son plus jeune âge par le son et la manière dont on peut le modeler, il prend tout d’abord ses marques dans un registre indie rock qu’il choisit comme terrain de jeu à un âge où d’autres préfèrent le sport ou les jeux vidéos. Des premières amours musicales dont il conservera précieusement les vestiges en poursuivant notamment son étroite collaboration avec Schumi1, petit prodige de la production et du beatmaking qui gravite dans son entourage depuis toujours.
Avant de se donner corps et âme à la musique, le jeune homme s’était pourtant tourné vers un cursus scientifique destiné à lui permettre d’étancher sa soif de connaissances. Un parcours qui le frustrera mais dont il tirera tout de même un enseignement fondamental : si le son est un signal, on peut le tordre, le disséquer, le sculpter à l’infini, offrant à qui s’en donne la peine une profusion de perspectives plus excitantes les unes que les autres.
C’est ainsi que Kevin Heartbeats a choisi de faire de la vie quotidienne son laboratoire, détournant les objets de leur vocation initiale avec une conviction profonde : l’électronique possède sa propre beauté, bien au-delà des usages classiques auxquels on la cantonne. Alors, le jeune artiste bricole, soude, bidouille, démonte, fait chanter les circuits, charme les câbles et malmène les samples pour en tirer des textures uniques, indispensables à ces morceaux qui réconcilient l’humain et la machine en sublimant leurs failles respectives. Puisque le glitch est un art, Kevin Heartbeats se joue de son côté sad boy, empruntant à King Krule, Corbin, Seekae, Brockhampton ou encore Homeshake pour dessiner une esthétique clair-obscur, qui cherche la lumière et embrasse le spleen qui la caractérise.
Pointue tout en s’attachant à rester accessible, fouillée sans être trop perchée, sa musique se plaît à rester sur le fil, à chercher l’équilibre entre des mélodies qui empruntent les codes de la pop et des sonorités expérimentales pour proposer la bande-son parfaite de ces promenades au crépuscule à l’ambiance si particulière. Une aventure entre chien et loup qui commence tout juste et qui s’annonce aussi belle qu’elle est singulière.